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Le camp 2005

Le camp 2005 de la Fondation Swiss COR s'est déroulé du 11 au 25 août 2005 sur le Glaubenberg, dans le canton d’Obwald, au-dessus de Sarnen.

Il accueille 100 enfants démunis, filles et garçons, âgés de 9 à 13 ans en provenance de plusieurs régions d’Albanie. Le camp est confié à la Protection Civile de la ville de Winterthur .

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Durant la guerre récente aux Balkans, l’Albanie fut une terre de refuge pour les enfants fuyant les zones de conflit. A la même période, l’Albanie vivait une profonde mutation et faisait face péniblement à l’approvisionnement de son peuple. Ce qui se passait au-delà de ses frontières a entraîné un vaste mouvement de solidarité humanitaire des Albanais pour ceux qui se trouvaient encore plus démunis. Les ethnies ont été accueillies et vivent proches les unes des autres. Cette solidarité rappelle la phrase adressée au visiteur qui franchit le seuil d’une maison :

« Nous vous accueillons avec du pain, du sel et avec le cœur ».

Au mois de février, une délégation de la Fondation Swiss COR s’est rendue en Albanie. Avec l’appui de l’Ambassadeur de Suisse à Tirana et en collaboration avec le Bureau de la Coopération Suisse à Tirana, elle a présenté le projet du Camp 2005 au Ministre des Affaires Sociales ainsi qu’à la Direction d’une dizaine de centres spécialisés pour l’enfance en détresse

 

Le projet Swiss COR a été accueilli avec joie par toutes les institutions. Ces centres vivent par des programmes de formation et des ressources financières octroyés par la Communauté Internationale, dont la Suisse ; leur budget ne leur permet pas d’offrir une autre histoire positive aux enfants dont ils ont la charge.

La préparation du Camp 2005 se déroule parallèlement en trois endroits:

  1. En Albanie, la Coopération Suisse coordonne avec les Centres spécialisés pour les enfants la sélection de ceux qui pourront participer au Camp 2005. Swiss COR a la capacité d’accueillir 100 enfants âgés de 9 à 13 ans, dont 10 lourdement handicapés, 30 avec des handicaps moyens et 60 enfants mono-parentaux ou orphelins fortement démunis. Pour confirmer le voyage ainsi que le séjour de chaque enfant, il faut aussi avoir l’accord des médecins Suisses et Albanais ainsi que les accords parentaux. Les enfants viendront de Tirana, Durres, Vlora, Elbasan, Berat et Korça.
  2. A Winterthur, la Protection Civile prépare le déroulement du camp. Il faut prévoir le personnel qualifié adapté aux enfants qui seront reçus. A leur arrivée, chaque enfant sera ausculté et bénéficiera d’un programme de soins adaptés pour son séjour ; parallèlement au programme médical, les mille découvertes d’un camp de vacances sont organisées. Les effectifs de la Protection Civile sont donc renforcés par des pédiatres, des dentistes, des ophtalmologues, du personnel soignant, des guides de montagne, des interprètes.
  3. En Suisse, la Fondation recherche activement des personnes ou des entreprises, sensibles à l’action humanitaire de Swiss COR, qui accompagnent le projet par des dons en nature ou financiers.

 

Camp 2005 – Nouveaux défis médicaux 

Le camp médicalisé swisscor 2005 a soigné et traité 97 enfants d’Albanie.

40% des enfants étaient psychiquement handicapés, ceci nous a posé de nouveaux défis que nous n’avions pas rencontrés à ce jour. Une partie des enfants en bonne santé étaient issus de couches de populations socialement extrêmement marginalisées. Il s’agissait d’enfants Rom. Tous les enfants accueillis étaient démunis, ce qui répond aux buts de notre Fondation. Cependant, nous n’avions jamais accueilli d’enfants aussi peu socialisés et facilement violents.

L’encadrement d’enfants handicapés mentaux fut une lourde tâche pour le personnel d’assistance. D’une part, le comportement souvent incompréhensible de ces enfants exige un engagement astreignant et éveille des angoisses, d’autre part, l’agressivité entre les trois groupes d’enfants (Albanais, Rom et handicapés) était très élevée.

Durant le camp, un médecin était présent en permanence. Lors de la visite sanitaire d’entrée qui dura deux jours, six médecins étaient engagés (oculistes, ORL, pédiatres). Mme Docteur Françoise von Tscharner, médecin de la Fondation, était responsable de cette importante étape.

A la suite de ces premiers examens, nous avons pu immédiatement traiter deux cas de pédiculose et trois cas de mycoses des pieds et éviter ainsi des contaminations.

Le port d’appareils auditifs fut conseillé pour deux enfants. L’adaptation de ces appareils s’est déroulée à Genève auprès du Docteur Witzig et d’un spécialiste d’appareils auditifs, M. Adel Hamdan qui a généreusement offert sa prestation ainsi que les appareils.

Une fillette qui a reçu l’appareil était diagnostiquée comme autiste. Elle n’avait aucun contact avec son entourage et n’exprimait aucun son. Lorsque l’appareil fut installé, elle a spontanément imité quelques mots et s’est mise à chantonner !

Les examens de la vue ont décelé trois cas de myopie sévère. Trois enfants ont reçu des lunettes, ils ont pu voir enfin ce qui les entoure et participer aux jeux .

Deux enfants furent équipés de chaussures orthopédiques ainsi que d’une attelle. Une chaise roulante fut réparée et une autre fut achetée.

Pendant le camp plusieurs enfants on dû être traités pour une entorse provoquée lors de jeux ou du sport. Une petite blessure a dû être recousue, ce qui a pu être fait au camp. Un des enfants s’est cassé le bras lors d’une chute. Il fut amené à l’hôpital cantonal de Lucerne par hélicoptère, les routes étant coupées par les intempéries.

Durant le camp, les dentistes ont traité de nombreuses caries sur 37 enfants et extrait 54 dents qui ne pouvaient plus être sauvées. 22 enfants ont refusé les soins. Il s’agissait d’enfants handicapés mentaux qui se défendaient contre ce traitement (une narcose aurait été nécessaire et nous n’avions pas reçu l’accord des parents) ou les enfants avaient d’autres motifs personnels.

Le médecin du camp a établi un rapport personnel pour chaque enfant à l’adresse du médecin traitant en Albanie. Ce dossier médical était particulièrement important pour un enfant dont nous suspections une glaucome avec menace de cécité de la vue et pour un autre enfant souffrant d’une gueule de loup non décelée jusqu’au début de ce camp.

Camp 2003 - Bilan médical

La première appréciation que nous avons pu faire sur la base des informations reçues sur les 101 enfants, avant leur arrivée en Suisse, s’est révélée correcte. Toutefois, l’importance du handicap des 12 enfants lié à leur chaise roulante fut une surprise car nous n’attendions pas une telle ampleur. Ceux-ci souffraient d’un handicap très lourd et nécessitaient une assistance et des soins 24 heures sur 24.

Environ 40 autres enfants souffraient d’un handicap physique ou psychique de degré moyen. Et finalement moins de 50 enfants n’avaient, du moins apparemment, pas de problèmes majeurs. Tous les enfants provenaient de milieux pauvres et de conditions difficiles, de homes, d’orphelinats, en partie de homes d’accueil pour la journée et très peu ont une vie normale entourés de leurs parents.

Le lendemain de leur arrivée au camp, tous les enfants ont été examinés très attentivement par des médecins, un plan de traitement par enfant a été établi et les mesures nécessaires ont immédiatement été prises pour l’acquisition de matériel ou pour d’autres examens ou traitements.

1. Examens médicaux par 3 médecins (pédiatres ou médecins généralistes) :

Les mesures orthopédiques suivantes ont été immédiatement ordonnées :

  • 4 nouveaux corsets
  • 6 chaises roulantes ont achetées et remises aux enfants, respectivement adolescents
  • 6 réparations et adaptations de chaises roulantes encore utilisables
  • 5 paires de chaussures orthopédiques, chaussures sur mesure
  • divers coussins, appuis pour les chaises roulantes.

Pratiquement tous les porteurs de corset, partiellement des enfants paralysés, souvent avec des déformations importantes de la colonne vertébrale, portaient des corsets trop étroits et trop petits qui occasionnaient des pressions douloureuses sur le corps.

Pendant le séjour de deux semaines à S-chanf, nous avons enregistrés 100 traitements ambulatoires.

2. Examens de la vue par 2 oculistes

Sept enfants ont reçu des lunettes.

Les frais des traitements orthopédiques et de la vue sont, justifiés avant tout par l’ampleur du handicap des 12 enfants liés à une chaise roulante, sensiblement plus élevés (CHF 40'000, en chiffres ronds) que ceux des camps précédents.

3. Examens médico-dentaires par 2 dentistes

Comme nous nous y attendions et le craignions, les dents de pratiquement tous les enfants étaient dans un état particulièrement mauvais. Il a fallu pas moins de 220 séances, après avoir effectué les radiographies nécessaires, pour effectuer un nettoyage professionnel auprès de tous les enfants, une condition nécessaire pour les traitements qui ont suivi :

  • 65 extractions de dents
  • 520 amalgames.

4. Tâches d’accompagnement et de soins

L’accompagnement des enfants lourdement handicapés fut une tâche extrêmement exigeante pour le personnel soignant, qui devait être présent jour et nuit. Des infirmières et infirmiers supplémentaires et qualifiés ont dû être mis sur pied.

A côté du personnel infirmier qualifié, ce sont en chiffres ronds 100 membres de la Protection civile de Bâle-Ville qui, avec un engagement sans relâche et enthousiasme prenaient soin des enfants et les accompagnaient dans les activités planifiées. Ils jouaient et s’amusaient avec eux dans une ambiance et un climat de confiance, ce qui a contribué à détendre très vite les visages des enfants qui étaient un peu anxieux au début du camp.

Finalement, les yeux et les sourires rayonnants rencontrés à la fin du séjour ont été les récompenses bien méritées pour l’énorme travail accompli par toutes celles et tous ceux qui ont œuvré à la bonne réussite du camp swisscor 2003.